Temps, mesure et nombre ne sont rien d’autres que des manières de penser, des opinions comme des imaginations à l’état de veille et de rêve.
Comment peut-on croire qu’il existerait une réalité ou un monde qui serait « autonome » en subsistant par lui-même (le ”responsable”) AU DELÀ OU EN DEÇA DE NOTRE CONSCIENCE ? Et dont nos images et nos conceptions ne seraient que des représentations directes (voir plus bas la partie citant D.R. Olson) ? Le ciel ne fait qu’un avec la vacuité, le monde ne fait qu’un avec le mental. Où est la prétendue « réalité matérielle » et sa causalité de nom-la-forme (voir en fin de page l’entretien 323 de Ramana Maharshi)? Où est la croyance à l’existence en soi et en son absolu de la prétendue réalité matérielle ?
Vérité ou Conscience sont une seule chose : le Soi ou Vérité ne peut con-aître qu’Elle-même : con (avec) et naître : naître avec, car comme le nom l’indique, la fin de la dualité sujet-objet ou connaissant-connaissance se fait par naissance dans l’Instant, et non par mise en valeur du temps en récoltant partout de petiotes vérités pour en former une grosse.
Le monde n’existe que si, à l’état de veille et donc soumis aux cinq sens et à leur ”raison”, il est nommé. Autrement, il est « sale », il est donc « innommable », « dégoûtant », non identifiable, comme encore à l’état du Saint Chaos. Pour être mangé ou identifié, il doit être « cuit », digeste, NOMMÉ, IDENTIFIÉ, CHIÉ (transformé). Autrement dit le monde doit être « FICTIONNÉ », RACONTÉ (historisé), NOMMÉ, arrangé ou transformé donc CUIT au FEU VULGAIRE (la moderne ”vaccination” participe d’ailleurs de cette transformation du cru au cuit, que dire alors de la découverte du feu vulgaire qui permettait, FAIT NOUVEAU, de manger digeste…. L’Animal-Animal ne mange pas cuit, seul l’Animal-Humain désormais mange cuit). Chaque fois qu’une conscience repèrera un objet à la manière de la même loi de succion vulgaire qui fait que l’acte de tout nom-la-forme vivant est de sucer tout ce qu’il peut saisir, cette conscience pourra dire : ”CE N’EST PAS SALE, CAR C’EST CECI”. Or avec la numérisation du monde par les machines des industries du capitalisme, il apparaît que DÉSORMAIS LE MONDE ENTIER EST PROPRE. Évidemment il n’en est rien et ça s’est aggravé depuis l’ère industrielle de cette civilisation. Parce que ce monde s’éloigne de plus en plus des choses en les RE-présentant c’est-à-dire « EN LES CUISANT » pour qu’elle soient plus « digestes » comme le résume si bien David R. Olson :
- Le Saint Chaos évacué, les noms-les-formes ou l’IDENTIFICATION, le signe, l’information naissait et avec elle naissait le CONVENTIONNEL OU DEHORS, QUI DONNA NAISSANCE À LA SAISIE, À LA LOI DE SUCCION VULGAIRE ET UTILITAIRE : le SIGNIFIÉ, donc la copie, le CUIT par rapport au CRU puisque différent du Signe. Nous voyons une fumée, signe, et nous y associons l’opinion d’un feu, signifié : nous voyons des nuages sombres, signe, et nous y associons : ”Il va pleuvoir”, signifié ou effet de la cause effet du cru : ”nuages sombres”. La Coïncidentia Oppositorum de signifié-signifiant constituent le VERBE, le LANGAGE de tous les noms-les-formes, ce qui veut dire que le LANGAGE SE TROUVE AUSSI DANS LA PLUS PETIOTE POUSSIÈRE QUI VOLTIGE SOUS LE SOLEIL D’UN APRÈS-MIDI D’ÉTÉ. CAR TOUT LANGAGE S’APPUIE SUR LE MENTAL….. CE MONDE ACTUEL DE GENÈSE 1, 1-2 EST UN SUPER CHAOS ARTIFICIEL CONSTRUIT SUR LA LOI DE SUCCION VULGAIRE OU PLOMB-PESANTEUR.
Prolongement.
COMME ZEUS ET SES ÉCLAIRS : le Signe ou Signifié : L’EFFET, complément contraire du Signifiant : LA CAUSE OU LA PENSÉE DU SIGNE comme Zeus est la Pensée des éclairs, le Signifié ou Signe-Effet (phénomène).
Nous voyons des empruntes de pas sur le sol : le Signe ou Signifié : L’EFFET.
Par le mental qui calcul, nous y associons : ”Un être humain est passé par là”, c’est le Signifiant : LA CAUSE, LA PENSÉE DU SIGNE, l’humain qui vient de passer en laissant ses traces, ET ON Y CROIT, TOUT SEMBLE SE TENIR. Cette BALANCE SIGNIFIANT-SIGNIFIÉ constitue LA LOI DE SUCCION, ET VULGAIRE, ET AUTHENTIQUE. C’est pourquoi Jean 14,2 pouvait écrire : « IL Y A PLUSIEURS DEMEURES DANS LA MAISON DE MON PÈRE », d’où les risques d’INTERFÉRENCE, ou les ”FAUX DIEUX”…
Cette BALANCE SIGNIFIANT-SIGNIFIÉ n’est autre que ce qu’on appelle à l’état de veille : UN LANGAGE.
– Les Anciens pensaient en terme d’INTUITION : DIRECT.
– Les Modernes pensent en terme de choses, d’objets, alors que les Anciens les voyaient comme des fonctions d’acquisitions d’information : « Les signes ont été considérés au Moyen-Âge comme faisant intrinsèquement partie des choses, tout comme leur nom ; au XVIIè siècle, les signes deviennent des ”modes de représentation”. Les représentations finissent par être radicalement distinguées des choses représentées. Pour représenter de manière fidèle, la langue doit être amenée le plus près possible des mots ». (David R. Olson, L’univers de l’écrit – Comment la culture écrite donne forme à la pensée, page 220).
« Mais il semble peu douteux que l’écriture et la lecture aient joué un rôle essentiel dans la genèse d’un bouleversement, par lequel nous sommes passés d’une pensée sur les choses à une pensée sur les représentations des choses, c’est-à-dire à une pensée sur la pensée [donc le RE et une distance entre, le RE de réitérer ou copier, RENDRE FAUX : Le Vrai devient faux dès qu’il est copié ou vu]. Notre conception moderne du monde et de nous-mêmes est, pourrait-on dire, un sous-produit de l’invention du monde sur le papier » (David R. Olson).
LA PENSÉE MODERNE HUMAINE EST DEVENUE UNE PENSÉE-OBJET, COMME UNE CASSEROLE, COMME UN SMARTPHONE OU UNE AUTOMOBILE, DONC TOUTES CHOSES POUR COM-PRENDRE DE L’INFORMATION. EN CE SENS, NOUS PLAÇONS L’OUTIL « COMME SI » IL EXISTAIT AVANT L’INFORMATION À COM-PRENDRE : l’outil smartphone pour COM-prendre, l’automobile pour COM-prendre, et maintenant ”l’intelligence artificielle” pour COM-prendre.
De nos jours on voit l’intuition comme un objet, et Nous voyons les Anciens avec les outils de leur temps de leur éclairage aux lampes à huile pour acquérir de l’information, c’est la logique actuelle matérialiste qui opinione cela.
Ces choses cuites sont typiquement cette actuelle SOCIÉTÉ DU SPECTRE-SPECTACLE : LES FANTÔMES, LES ZOMBIS (dans les croyances vaudoues des Antilles, soit une personne comme vidée de toute substance ou souffle humaine).
Alors, les humains et leur ”raison” en fonction habituelle sont-ils plus ”normaux” c’est-à-dire plus CONVENTIONNELS, que ceux que ces mêmes conventionnels appellent « FOUS » ?
L’humain dit ”normal” ou conventionnel, intégré, opinionnera les images comme vraies ou fausses en pratiquant ce qu’explique D.R. Olson cité plus haut : l’humain conventionnel ou de la ”raison” fera intervenir sa mise en valeur du temps : il tournera autour de l’image pour savoir le vrai du faux.
L’humain du non-conventionnel, le ”fou” ou le ”sauvage” se trouvera entièrement possédé par l’image, il ne tournera pas autour, il sera comme au Moyen-Âge : « Les signes ont été considérés au Moyen-Âge comme faisant intrinsèquement partie des choses, tout comme leur nom ».
Quelle différence entre l’humain des objets ou images dans la mise en valeur du temps ? Et l’humain de la vision des signes faisant intrinséquement partie des choses ou images ?
IL N’Y EN A PAS :
– Q. : Pourquoi les objets (drishya) doivent-ils être éliminés ? La Vérité ne peut-elle être réalisée en laissant les objets tels qu’ils sont ?
– M. : Non. L’élimination de drishya signifie l’élimination des identités séparées du sujet et de l’objet. L’objet est irréel. Tout drishya, y compris l’ego, constitue l’objet. Lorsqu’on élimine l’irréel, la Réalité subsiste. Quand une corde est prise par erreur pour un serpent, il suffit de détruire la fausse perception du serpent pour que se révèle la vérité. Sans l’élimination des fausses perceptions, la vérité n’apparaît pas.
(Ramana Maharshi 25, 4-2-1935).
Ainsi le ”sauvage”, le ”primitif” ou le ”fou” est MOINS sauvage que le civilisé qui tourne autour de l’objet-image comme une vache autour de son piquet(3).
« L’apparence du serpent est réelle pour l’homme qui y croit. Il s’agit d’un phénomène limité dans le temps et qui apparaît dans certaines circonstances [Quand une magie parle toutes les magies parlent, quand une se tait toutes se taisent]» (Ramana Maharshi 33, 4-2-1935).
« Dès que l’existence de la corde est reconnue, l’illusion du serpent est détruite une fois pour toutes ». (Ramana Maharshi 315, 3-1-1937). Ce qui peut facilement correspondre au Neuf milliards de noms de Dieu, où après identification de Dieu les étoiles dans le ciel s’éteignent les unes après les autres. LE CIEL DEVIENT ”PROPRE”, puisque TOUT est nommé, identifié, numérisé…..
« Lorsque le sujet percevant (l’ego) se manifeste, il se déploie en objet perçu ou en antahkarana (organes intérieurs). La lumière doit être faible pour permettre à l’ego de se manifester.
En pleine lumière du jour, une corde ne peut ressembler à un serpent [surtout dans nostre monde ”sécurisé”, numérisé et éclairé 24h sur 24]. Dans l’obscurité profonde, ne pouvant être vue, il n’y a aucune chance de la prendre pour un serpent. Ce n’est que dans la pénombre, au crépuscule [LA RE-PRÉSENTATION dans l’exemple de D.R. Olson], que peut se produire la méprise(1). Il en va de même pour l’Être pur et radieux qui se manifeste sous forme d’ego : ce n’est possible que lorsque l’éclat de Sa lumière se diffuse au travers de l’obscurité. Cette obscurité est également appelée ignorance originelle (le péché originel). La Lumière qui passe à travers elle se nomme Lumière réfléchie. Cette Lumière réfléchie, par ses qualités, est connue habituellement comme Mental pur ou Ishvara ou Dieu. Il est bien connu qu’Ishvara est uni à la mâyâ ; en d’autres termes, la lumière réfléchie est Ishvara.
L’autre nom, celui de Mental pur, implique aussi l’existence d’un mental impur. C’est le mental actif, rajasique ou l’ego ; celui-ci ne peut être projeté par le mental sattvique qu’à travers une autre réflexion de lumière. L’ego est donc le produit d’une seconde obscurité (avidyâ). Vient ensuite le mental lourd, tamasique, qui se manifeste sous la forme dantahkarana (organes internes) et qui permet d’apercevoir le monde.
Quant au corps physique, on peut dire qu’il se projette vers l’extérieur en tant que monde par le moyen du cerveau. Mais le corps physique n’est qu’une conception du mental. Le mental peut être considéré comme constitué de quatre organes internes ou comme un principe composé de pensées ou encore comme le sixième sens ; on peut aussi le considérer comme une combinaison de l’intellect avec l’ego et de chitta avec le mental (c’est-à-dire la faculté de la mémoire avec la faculté de la pensée) et en conclure que le mental consiste en deux parties (l’ego et la pensée). Dans ce cas, le vijnanâtmâ (le soi intellectuel, la ”raison”) ou l’ego ou le spectateur constituent le sujet, tandis que l’enveloppe mentale ou le spectacle constituent l’objet.
Les états de veille, de rêve et de sommeil profond ont leur origine dans l’obscurité originelle (mūla-avidyâ). Que le mental se dirige vers l’extérieur, tirant ses expériences des activités mentales dans les états de veille et de rêve, ou qu’il soit tourné vers l’intérieur, dans le sommeil profond, tirant ses expériences des modes de la mâyâ, toutes les activités des individus et de l’Univers sont réglementées par un unique Pouvoir. Toutes ces activités ne sont que des phénomènes qui passent à travers la lumière réfléchie sur le substrat de l’Être, lumineux en soi.
De même qu’on ne peut confondre en plein jour une corde avec un serpent [surtout dans nostre monde sécurisé, numérisé], et que cette corde ne peut être vue dans l’obscurité, ainsi le monde ne peut apparaître ni dans le samâdhi [contemplation] de l’Être pur, lumineux en soi, ni dans le sommeil ni dans l’évanouissement, etc. Ce n’est que dans la lumière réfléchie (lumière mêlée à l’obscurité ou Connaissance souillée d’ignorance [et comparable au ”COMME SI”] que le monde, qui n’est pas indépendant de sa source, semble naître, s’épanouir et se dissoudre. Sa diversité ne peut exclure la Réalité, la Source originelle. Il s’agit ici d’un jeu dans lequel le seul et unique Être se multiplie, est objectivé, puis se résorbe. Pour accomplir cela, il doit y avoir une shakti (Pouvoir), et merveilleuse en plus ! Elle ne peut pas non plus être indépendante de son origine. Dans l’Être pur, lumineux en soi, cette shakti ne peut être perçue. Et pourtant, ses activités ne sont que trop bien connues. Que son jeu est sublime ! [Comparable au CENTRE qui est nulle part et la Circonférence qui est partout, et qui n’existerait pas sans le Centre].
De Son activité originelle sublime (la vibration primordiale) résulte la lumière réfléchie de sattva [existence, être] ; de là découle l’ego rajasique ; puis des formes de pensée tamasiques, connues communément sous le nom de connaissance, ou comme la lumière qui traverse une lentille grossissante. De même que la lumière artificielle est projetée sur l’écran à travers une lentille, ainsi la Lumière réfléchie traverse la pensée (la lentille grossissante) avant de se déployer sous la forme du monde ; de plus, la pensée, qui est le monde à l’état de semence, semble être le vaste monde extérieur. Tel est l’extraordinaire Pouvoir ! De cette manière, Ishvara, l’individu et le monde ne proviennent que de la Lumière réfléchie(2), ayant l’Être unique, lumineux en soi, comme substrat.
Maintenant, qu’est-ce que cette pensée ‘je’ (l’ego) ? Est-elle le sujet ou l’objet dans cette conception des choses ?
Étant donné qu’elle est le témoin de tout pendant les états de veille et de rêve, ou du moins, c’est ce que nous croyons, on peut la considérer comme étant le sujet. Mais lorsque le pur Soi est réalisé, elle n’apparaît plus que comme un objet.
À qui est cette pensée ‘je’, l’ego ? Cette investigation est appelée vichâra.
Les pensées ‘je’ et ’ceci’ sont toutes deux des émanations de la même lumière. Elles correspondent respectivement aux rajoguna et tamoguna. Pour que la Lumière réfléchie (pur sattva) soit dépourvue de rajas et de tamas, elle doit resplendir en tant que ‘Je’-‘Je’, non-interrompue par la pensée “ceci” [pensée en sujet-objet]. Cet état pur survient, d’une façon temporaire, entre le sommeil et la veille. Si cet état de transition se prolonge, il devient Conscience cosmique ou même Ishvara. C’est l’unique passage vers la réalisation de l’Être suprême, lumineux en soi.
En résumé, on peut dire qu’il y a deux sortes d’expériences durant le sommeil profond dont on se souvient au réveil lorsque l’on dit “j’ai dormi comme un bienheureux et je n’avais conscience de rien”. C’est l’expérience du bonheur et de l’ignorance. Nous pouvons donc constater que le Pouvoir s’est transformé en 1) dvarana (obscurité) et 2) vikshepa (diversité). Le mental est le résultat du vikshepa [et du COM-merce, des infos….] ».
(Ramana Maharshi 323, 7-1-1937).
Notes.
1. L’écrivain Céline faisant remarquer que toute la vulgarité et l’obscénité du monde consiste, non pas dans les choses réelles et dans leur mention brut, ou dans l’innommable du « N’EST PAS X », mais seulement dans le sentiment-opinion-possession qu’on en a, et qu’on en propage alentour dans la mise en valeur du temps dans le social (et de nos jours qu’on en propage sur les ”réseaux sociaux” nécessairement attachés comme des chaînes d’esclaves antiques aux machines de l’industrie informatique du capitalisme).
2. Saint Bonaventure : Saint Bonaventure : « Jamais l’âme et Dieu ne peuvent co-exister ». L’ITINÉRAIRE N’EST PAS ITÉRER.
Idem : « Il est vrai, nous ne sommes pas lié, le Soi véritable est libre de tout lien. Il est vrai aussi que vous finirez par retourner à votre source » (Ramana Maharshi au jour le jour, 21 août 1946). Retourner à la Source comme l’Ouroboros le symbolise.
3. « Le Coeur est donc le point central. Aucun individu ne peut en être séparé. S’il l’est, c’est qu’il est mort. Bien que les Upanishad affirment que le jīva fonctionne avec d’autres centres en diverses circonstances, il n’abandonne cependant jamais le Coeur. Les autres centres sont pour ainsi dire des lieux d’échange (voir Vedanta-chûdâmani). Le Soi est attaché au Coeur comme la vache à son piquet.
Les mouvements sont déterminés par la longueur de la corde. Tous ses déplacements sont centrés autour du piquet.
Une chenille rampe sur un brin d’herbe et quand elle arrive à son extrémité, elle cherche un autre support. Ce faisant, elle reste accrochée au brin d’herbe avec ses pattes arrière, soulève son corps et se balance en tous sens jusqu’à ce qu’elle arrive à s’accrocher à un autre brin. Il en va de même du Soi. Tout en demeurant dans le Coeur, il investit aussi d’autres centres, selon les circonstances. Mais Ses activités restent toujours centrées autour du Coeur » (Ramana Maharshi 616, 23-28 janvier 1939).








