
Centrum Centri l’Ange Gardien définition
« On lit au Livre de l’empereur Jaune : ”Une personne accomplie vit comme un mort, se meut comme une machine”. De plus, elle ignore pourquoi elle vit, pourquoi elle ne vivrait pas, pourquoi elle se meut, pourquoi elle ne se mouvrait pas. De plus, elle ne change son comportement ni lorsque les vulgaires [le social, le Dehors, le monde] la regardent ni lorsque les vulgaires ne la regardent pas. Solitaire [Singularité, Idiotès, Vrai], elle va et vient, sort et rentre. Qui pourrait s’y opposer ? » (Lie Tseu, Traité du Vide parfait, chapitre : Nature et Destin, Verset 9).
SINGULARITÉ, IDIOTÈS : ANTI-UTILITARISTE puisque la banalité même est le SPONTANÉ, et quoi de plus INUTILE que le SPONTANÉ. Voilà pourquoi la Vraie Nature tel le SPONTANÉ ne peut qu’être vécue dans son absolu que DANS UN ÉTAT DE SINGULARITÉ PAR DÉFINITION ANTI-SOCIALE, NON-IDENTIFIABLE. Le social n’est que « couverture sociale », l’habit (l’uniforme, qui comme son nom l’indique ÉGALITARISE).
Les plus anciennes influences que l’on peut retracer dans le Chant de la Perle sont celles de l’Apocalyptique juive et du christianisme. L’Hymne qui est écrit à la première personne raconte que l’auteur vécut au Royaume de son Père. Alors qu’il était encore petit enfant, il fut envoyé à la recherche de la perle ; on le chargea de pierres précieuses, mais il dut se dévêtir de sa robe étincelante. On lui enjoint de descendre en Egypte rechercher la perle qui repose au fond de la mer, près de l’antre d’un serpent ou d’un dragon écumant ; s’il réussit à soustraire la perle à ce dernier, il sera autorisé à remettre la robe scintillante et à devenir l’héritier du Royaume avec son frère.
Le Petit Prince quitte donc le Royaume avec deux compagnons. Il traverse la Mésopotamie et arrive en Egypte, où ceux-là le quittent.
En Egypte, il rencontre un homme de sa race, un fils de nobles auquel il fait part de son «affaire». Il s’habille comme les Egyptiens qui lui offrent même de leur nourriture, et, sous l’effet de la torpeur, il s’endort et oublie sa mission. Un plan est alors envisagé au Royaume de son Père, et on lui expédie une lettre : semblable à l’aigle, celle-ci vole vers lui et lui rappelle ses origines et sa mission, elle le réveille.
Le Prince ensorcelle le serpent et lui ravit la perle. Il rejette ses vêtements de faux Egyptien et retourne à son Père. La lettre le précède sur la route qui le conduit à nouveau à travers la Mésopotamie. La robe, qui lui avait été promise, lui est envoyée de la part de ses parents par la main des trésoriers. En elle, comme à travers un miroir, il se reconnaît, il s’en revêt et remonte vers son Père, et avec lui il apporte la perle au Roi ».
VÊTEMENT-MIROIR OU RE-TROUVER SA VRAIE NATURE. COMME CENDRILLON RETROUVE « CHAUSSURE À SON PIED », elle est enfin « dans ses pompes »..
INSÉPARABLE DE L’ANGE GARDIEN ou ”SON” SEIGNEUR.
KHEZR = ANTI-FICTIONS OU ANTI-HISTOIRE : antidote à la névrose obsessionnelle du « sens de l’histoire » donc de la raison, de l’UTILITAIRE et du temps quantitatif ou diversité par rapport au temps qualitatif ou absence de temps. (Si par exemple l’on est déparé chronologiquement d’un maître spirituel de plusieurs siècles ou de plusieurs millénaires, il est impossible que l’un de vos contemporains puisse vous en rapprocher chronologiquement, comme s’il en était dans le temps l’intermédiaire unique. On n’abolit pas le temps historique ou quantitatif qui mesure les événements historiques ; en revanche, les événements de l’âme sont eux-mêmes la mesure qualitative de leur temps propre ou « temps philosophique ». Le mental pur ne comporte aucun « temps » : TOUT EST SYNCHRONE ! C’est pourquoi, à plusieurs millénaires de « distance », il est possible d’être LE DISCIPLE DIRECT, EN COÏNCIDENCE, avec un maître qui n’est « au passé » que chronologiquement. « C’est cela qui permet d’être « le disciple du Khezr », et c’est à cela qu’Ibn’Arabi veut conduire son propre disciple, lorsqu’il affirme attacher une si grande importance au rite d’investiture du manteau, et le conférer à son tour à d’autres personnes. Par la pratique de ce rite, il nous signifie que son propos est de conduire à son tour chacun de ses disciples au « Khezr de son être » (le conduire à son Soi). « Si tu est Khezr… », tu peux faire en effet ce que fait Khezr. Et c’est peut-être bien au fond la raison secrète pour laquelle la doctrine d’Ibn’Arabi est tellement redoutée des adeptes de la religion littérale, de la foi historique [les trois religions « révélées »] ennemi du ta’wîl [herméneutique mystique, spirituelle, symbolique], du dogme uniformément imposé à tous [comme maintenant]. En revanche, celui qui est le disciple de Khezr possède assez de force intérieur pour rechercher librement l’enseignement de tous les maîtres », écrit Henry Corbin dans L’Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’Arabi.
A part les grands thèmes gnostiques de l’oubli, du vêtement qui sert de miroir au Petit Prince pour lui rappeler sa race et lui permettre de se ré-identifier à son « moi » ontologique et transcendental, son Soi, sa Nature véritable, la majorité des idées du Chant de la Perle reprennent des éléments de l’adamisme juif, tels qu’on les retrouve, par exemple, dans Philippiens II, 5-11 (2) : la descente et la remontée du Christ qui apparaît revêtu au ciel de la gloire d’un fils de Dieu, comme c’est le cas de l’Adam de l’adamisme juif, pour ensuite tomber dans le monde de l’Incarnation et d’un Christ incarnationiste qui donnera l’Église et son vaticanisme et sa soumission à l’ascétisme moral en forme de politique étatique, afin de pouvoir, contrairement à Adam cette fois condamné à travailler et de nos jours à être salarié-consommateur-électeur-contribuable, reconquérir son CENTRUM CENTRI, son Nom (son Vrai Vêtement et non un déguisement : le conventionnel, la couverture du social), son NOM ou son Seigneur au sens d’Ibn’ Arabi mais aussi au sens de L’ANGE VÉRITABLE GATE GATE(1) QUI REND LIBRE PAR LE SPONTANÉ, L’INSAISISSABLE, LE SALE : L’INNOMMABLE OU NON-IDENTIFIABLE, LE SAINT CHAOS. Et c’est le même contraste qu’entre l’opinion d’incarnation ou d’identification au corps et les faits uniques advenus dans l’histoire, style ”Moïse reçoit les Commandements”, et les événements de l’âme à jamais inépuisables, comme l’expérience d’Éveil authentique le 25 octobre 1941 de Jean Coulonval, qui l’incita à écrire des lettres à diverses personnalités plus ou moins connues des années 1960-1978, dans Synthèse et Temps Nouveaux.
Re-trouver son CENTRUM CENTRI, son NOM ou son Seigneur : son Guide personnel invisible au sens des FIDÈLES D’AMOUR, LES TROUVÈRES de la philosophie médiévale : L’AMOUR-GRATUITÉ ”Le Royaume des Cieux est en Vous”, pour tous et sans condition. L’ANGE LE SEIGNEUR, LE FLÉAU DE LA COÏNCIDENTIA OPPOSITORUM ASSUMÉ PAR « L’IDIOTÈS AVEC L’IDIOTÈS », ce qui correspond au Ptah-Michel-Archange ci-dessous, PUISQUE L’ANGE DE LA CONNAISSANCE COMMANDE TOUTES LES ORIENTATIONS et PTAH EST LE NÉ DE LUI-MÊME, SUR LE MODE DU ”N’ÊTRE PAS” : IL EST ESTROPIÉ DE TOUS SES MEMBRES PUISQU’EN BANDELETTES REPRÉSENTANTES DU FLUIDE VITAL ENTOURANT LE COSMOS (que l’actuelle science-fiction appelle ”hyperespace”), donc DES BANDELETTES OU VÊTEMENT DE LUMIÈRE, COMME LA LUMIÈRE DE L’ARCHANGE MICHEL. Michel-Archange-Ptah Celui dont on a jamais de nouvelle, le Centre nulle part, le ’N’ÊTRE PAS’.

A EST A = Je suis ce JE-SUIS : le bi-dimensionalité dépend d’un Être en hecceité éternelle (une Essence dans son « Je suis ce JE-SUIS »), le Soi ou Conscience fondamentale individuelle, l’INSAISISSABLE puisque le EST, L’ANGE DES ÊTRES, LEUR SEIGNEUR. Les êtres « essenciés » ou « hecceitistés » par L’ESSENCE DIVINE SE RÉVÉLANT À SOI-MÊME, naissent ainsi, ou se réalisent ainsi éternellement dans L’INSAISISSABLE ou MYSTÈRE.
Connaître son Essence éternelle équivaut A CONNAÎTRE SON SEIGNEUR, SON ANGE. Ainsi le RETOURNEMENT DE LA LUMIÈRE SERA « RETOURNER À SON SEIGNEUR »(a), son ’EST’, son Ainsité : état naturel, Vraie Nature, son Centrm Centri éternelle sans commencement ni fin tel qu’Il résulte de la Révélation de l’Être divin se révélant à Lui-même, à l’exemple de PTAH. RETOURNER LA LUMIÈRE OU RETROUVER SON SEIGNEUR, C’EST LA RÉALISATION DES « FIDÈLES D’AMOUR », CE COUPLE ÉTERNEL DU FIDÈLE ET DE ”SON” SEIGNEUR, LEQUEL N’EST PAS L’ESSENCE DIVINE comme l’énonce Saint Bonaventure : « Jamais l’âme et Dieu ne peuvent co-exister ». L’ITINÉRAIRE N’EST PAS ITÉRER.
Idem : « Il est vrai, nous ne sommes pas lié, le Soi véritable est libre de tout lien. Il est vrai aussi que vous finirez par retourner à votre source » (Ramana Maharshi au jour le jour, 21 août 1946).
L’Être véritable retourner à son ’EST’(a).
RÉALISER le Soi = cesser de s’identifier au mental, à la raison : « Nous nous sommes identifiés depuis si longtemps au non-Soi qu’il nous est difficile de considérer que nous sommes le Soi. […] Abandonnez cette fausse réalisation est la Réalisation du Soi » (Ramana Maharshi au jour le jour, 17-8-1946).
SUPPRIMEZ CETTE RÉALISATION PARADOXALE CAR INSAISISSABLE, C’EST ABOLIR POUR L’ÊTRE TERRESTRE SA DIMENSION SANS COMMENCEMENT NI FIN, C’EST TUER SON ANGE. N’étant plus à même de recourir à leur Ange ou à leur Seigneur, les consommateurs-électeurs-contribuables (C.E.C.) se trouvent livrés à une même omnipotence indifférenciée appelée ”République” : LE MONOTHÉISME UNILATÉRAL RÉPUBLICAIN ET SES GRANDS PRÊTRES APPELÉS « GOUVERNEMENT » (”nos dirigeants”).
Les manifestations du spirituel sont CRÉATIONS NOUVELLES OU SPONTANÉES, discontinues : leur histoire est celle de la Singularité, du Spontané, et nullement d’un itinéraire socialiste et temporel à la façon d’itérer en assemblant un Instant qui passe avec un autre Instant ou un consommateur avec un autre consommateur et que ça COAGULERAIT une histoire ou une ”vérité”, un résultat électoral formé de petites vérités sans réalité en elles-mêmes, dès qu’elles sont abstraites des sujets qui les vi(s)vent. CE QUI EXISTE, C’EST LE ”Je suis ce JE-SUIS”, et non le DEHORS : LES FAITS (les élections, l’histoire), ce Dehors en dehors du Sujet, en Dehors du ”Je suis ce JE-SUIS” et tomber dans les pièges infinis de la dialectique-opinion.
Dans le CIRCULUS DU SAINT CHAOS, Le Point du ”Un Point c’est TOUT” n’adhère pas à un itinéraire spatio-temporel répétitif, mais se comporte de façon SPONTANÉE complètement imprévisible, insaisissable, ”chaotique”. Ce que Saint Bonaventure pouvait traduite par : « Jamais l’âme et Dieu ne peuvent co-exister ». L’ITINÉRAIRE N’EST PAS ITÉRER.
Idem : « Il est vrai, nous ne sommes pas lié, le Soi véritable est libre de tout lien. Il est vrai aussi que vous finirez par retourner à votre source » (Ramana Maharshi au jour le jour, 21 août 1946).
Les PERLES, c’est comme la MAGIE, les PENSÉES : les perles sont toutes enfilées sur la seule pensée magique du fil le ’je’. En domptant cette pensée magique, toute les autres magiques-pensées se défileront comme les perles au bout de leur fil. En connaissant le Soi, toutes les magies-perles se taisent ou se défilent, d’où le : « Sois tranquille et sache que Je-Suis Dieu ». Donc « JE-SUIS » est Dieu » (Ramana Maharshi 503, 17-8-1938).
- « Sois tranquille et sache que Je-Suis Dieu » signifie l’Innocence et la générosité sans fin et sans commencement de la Nature tel le Soleil Nous apportent le GRATUIT et l’AMOUR. ”N’aurais-je pas une intelligence identique à celle d’un caillou au bord d’un sentier ?” Ainsi, pourquoi des humains sont-ils allez adorer le soleil et en domestiquer le feu vulgaire et CHUTEZ ensuite dans l’utilitarisme de la métallurgie, de la thermodynamique et des armes et des guerres ??? GROSSE QUESTION ! L’opinion de cuire les aliments pour qu’ils soient plus ”digeste” ne peut que remonter à cette découverte du feu vulgaire.
SPONTANÉ ”Sois tranquille” = NATURE, SANS CONTAMINATION PAR LE MENTAL QUI CALCUL TOUT ET CHUTE DANS LE FAIRE/FER QUI ROUILLE de cette conception de la thermodynamique.
– Q. : « Dans la Shrîmad Bhagavad-gîtâ [VII.7] il est dit : “mattah parataram nânyat kinchit – et plus loin – … sûtre maniganâ iva” (“Il n’est rien qui soit supérieur à Moi”, et “… semblable à un rang de perles sur un fil”). S’il n’y a rien d’autre que Shrî Krishna, comment peut-on dire que le monde est semblable à “des perles sur un fil” ? » [des magies qui parlent sous la conduite d’une magie]
– M. : Cela veut dire que le sūtra (le fil) et les mani (les perles) ne sont pas séparés de MOI. Il n’y a pas de rangée de perles (mani-ganâh) séparée du fil (sûtra) et il n’y a pas de fil séparé de MOI. Le shloka (stance) met l’accent sur l’unité et non sur la multiplicité, qui n’est qu’apparente [et COM-merce…].
– Q. : L’unité ne peut être réalisée qu’après l’absorption en Bhagavân [glorieux, divin, vénérable]. C’est vrai, mais avant d’en arriver là, la diversité doit exister ; c’est le samsâra [cycle des naissances et des morts, monde phénoménal des noms-les-formes].
– M. : Où sommes-nous maintenant ? Sommes-nous séparés de Bhagavân ? Le samsâra et nous-mêmes sommes tous en Bhagavân.
– Q. : Mais cela est l’expérience des jnanî [les réalisés ou libérés vivants]. La différenciation persiste jusqu’à ce que le jnana [Connaissance, Éveil] se fasse jour. Donc, pour moi, le samsâra existe bien.
– M. : Les samskâra (les prédispositions) constituent le samsara (le cycle des naissances et des morts).
– Q. : D’accord. « Tout ceci est Vâsudeva [Krishna] » [BhG VII. 19]. Mais nous avons oublié cette vérité.
Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous identifier à Dieu.
– M. : Où est l’oubli ?
– Q. : Il est comparable au svapna (rêve).
– M. : Le svapna de qui ?
– Q. : Celui du jîva [âme individuelle].
– M. : Qui est le jîva ?
– Q. : Il provient du paramâtman [Soi suprême].
– M. : Laissez donc le paramâtman poser la question.
– Q. : Je vais tâcher de faire mieux comprendre mon doute en prenant un exemple.
– M. : Qui désire faire mieux comprendre son doute avec un exemple ? L’expérience directe (pratyaksha) n’a pas besoin d’exemples pour obtenir des éclaircissements.
– Q. : Il y a le pratyaksha, mais aussi l’oubli.
– M. : Qu’est-ce qui est oublié et par qui ?
– Q. : Ecoutez. On rêve, puis au réveil le monde du rêve disparaît.
– M. : Réveillez-vous de la même façon du rêve présent.
– Q. : La prakriti (la nature) est trop puissante.
– M. : Voyez aussi le purusha (le Seigneur). Que peut alors encore faire la prakriti ?
– Q. : Mais entre les deux se trouve un granthi (noeud).
– M. : À qui est ce noeud ? Est-il au Seigneur ou à la Nature ? Ou aux deux ?
– Q. : Le brahman en est la cause.
– M. : C’est donc au brahman de poser la question, ou d’être interrogé. De qui est-ce le svapna (le rêve) ? À qui est le noeud ? Vous dites toujours : « Je veux savoir. » Qui est ce ‘je’ ?
– Q. : Je ne le perçois pas.
– M. : Le ‘Je’ est éternel. S’il était quelque chose de particulier, il s’évanouirait. Il est Perfection.
Il ne peut donc pas être perçu comme un objet.
– Q. : Mais je suis imparfait.
– M. : Pourquoi évoquer l’imperfection ? Pourquoi n’êtes-vous pas parfait ? Vous sentiez-vous imparfait dans votre sommeil ? Alors, pourquoi ne restez-vous pas le même maintenant ? Amenez le sommeil à l’état de veille (jâgrat-sushuptî) et tout ira bien. Yâ nishâ sarvabhûtânâm […]pasyato muneh [BhG II.69] (Ce qui est nuit pour l’ignorant est jour pour le Sage.)
– Q. : Oui, s’il s’agit d’un muni (sage).
– M. : Qu’est-ce qu’un muni ? N’est-il pas un homme ?
– Q. : Ne ressentez-vous rien si on vous donne une tape ? Dans ce cas, est-ce le jnana ?
– M. : Un homme sous l’influence du chloroforme ou de la boisson ne ressent pas une tape. Est-il pour autant un jnanî ? Et le jnana est-il incompatible avec cette sensation ?
– Q. : Il y a celui qui voit, le visible et la vision. Ce ne sont pas des caractéristiques du jnana.
– M. : Dans le sommeil profond, en transe ou dans l’évanouissement, il n’y a pas de différenciation. Appelez-vous ces états « jnana » ? Que s’est-il passé dans ces états ? Est-ce que ce qui était alors est absent maintenant ? Ce qui est existe pour toujours. La différence provient du mental. Celui-ci est tantôt présent, tantôt absent. Dans la Réalité, ce changement n’existe pas. La Réalité est toujours Félicité – ânanda [le scribe de la page souligne].
– Q. : La Félicité est le résultat d’une pratique. Quelle est cette pratique ?
– M. : La sâdhanâ consiste à rechercher à qui tous ces doutes se présentent.
– Q. : C’est à l’ego (ahamkâra).
– M. : Et d’où s’élève l’ahamkâra ?
– Q. : J’ai besoin d’un guide qui me montre le chemin.
– M. : Tournez-vous vers l’intérieur et trouvez la voie. Vous ne pouvez la trouver de l’extérieur ; pas plus que vous ne devriez la chercher à l’extérieur.
– Q. : Je suis incapable de trouver l’ego par la recherche. Je m’arrête là.
– M. : Comment voulez-vous le trouver ? Il n’est pas séparé de vous. Laissez de côté l’idée de ne pas le trouver. Où êtes-vous en ce moment même ? Pouvez-vous dire « Je ne suis pas ? »
– Q. : Que suis-je alors, et comment suis-je ?
– M. : Ne vous souciez pas de cela. Laissez cela comme c’est. Pourquoi vous soucier ? Dans votre sommeil, vous préoccupez-vous du tout ou de la partie (samashti, vyashti) ! La même personne est présente maintenant. Vous êtes le même, que vous dormiez ou que vous soyez éveillé.
– Q. : Le sommeil et la veille sont des états différents avec des effets différents…
– M. : Qu’est-ce que cela peut vous faire ? Le Soi est le même en toutes circonstances.
– Q. : Le mental n’est pas stable durant la méditation.
– M. : Dès qu’il se met à vagabonder, dirigez-le vers l’intérieur, encore et encore.
– Q. : Quand la souffrance (duhkha) s’empare de moi, la recherche est impossible.
– M. : C’est parce que le mental est trop faible. Rendez-le fort.
– Q. : De quelle façon ?
– M. : Par le sat-sanga, l’îshvara-ā-ârâdhanâ et le prânâ-yâma (la compagnie des sages, l’adoration de Dieu, le contrôle de la respiration).
– Q. : Qu’arrive-t-il alors ?
– M. : La souffrance est éliminée ; notre but est l’élimination de la souffrance. Vous ne pouvez pas acquérir le bonheur, il est votre nature fondamentale. La Félicité n’est pas une acquisition nouvelle.
Tout ce qu’il faut faire, c’est éliminer le malheur. Et ces méthodes aident à y parvenir.
– Q. : La compagnie des sages peut renforcer le mental. Mais il faut aussi une pratique. Quelle pratique doit-on adopter ?
– M. : Oui. La pratique sert à l’élimination des prédispositions et non pas à l’atteinte de quelque chose de nouveau ; son but est de détruire les prédispositions.
– Q. : L’abhyâsa (la pratique) devrait me donner ce pouvoir.
– M. : La pratique est pouvoir. Quand toutes les pensées ne se réduisent plus qu’à une seule, on dit que le mental s’est affermi. Quand rien n’ébranle plus la pratique, elle devient sahaja (naturelle).
– Q. : Quelle est cette pratique ?
– M. : La recherche du Soi. Voilà tout. Atman yeva vasam nayet… Fixez le mental sur le Soi.
– Q. : Quel est le but à ne pas perdre de vue ? Toute pratique a besoin d’un but.
– M. : L’âtman est le but. Que peut-il y avoir d’autre ? Tous les autres buts sont pour les personnes incapables d’âtma-lakshya (le Soi pour but). Mais ils vous mènent finalement aussi à l’âtma-vichâra. Un mental concentré est le fruit de n’importe quelle pratique. Certains l’obtiennent rapidement, d’autres après un temps assez long. Tout dépend de la pratique.
– Q. : La paix est préconisée avant toute chose. Comment pouvons-nous l’obtenir ?
– M. : La paix est votre état naturel. L’oublier n’altère en rien le Soi. C’est parce qu’en ce moment vous confondez le Soi avec le non-Soi que vous parlez d’oubli du Soi, de paix, etc. Si cette confusion était dissipée, l’oubli ne se produirait jamais.
– Q. : Comment y parvenir ?
– M. : Par la recherche du Soi. Concentration signifie cessation des activités mentales. L’oubli ne peut concerner que le soi… bon, mais l’oubli de quoi ?…. du Soi ?…. Existerait-il alors deux soi ?
La pratique élimine les samskâra.
– Q. : Mais les samskâra sont innombrables et éternels – et cela depuis des temps immémoriaux.
– M. : Cette pensée est en elle-même un samskâra. Abandonnez cette idée et tous les samskâra disparaîtront d’un seul coup. C’est vishrânti (la quiétude), c’est shânti (la paix). La paix est toujours présente. Mais vous la réprimez en vous élevant au-dessus d’elle et ainsi vous la troublez [et c’est le COM-merce]. Après vous dites : « Je désire la Paix. »
– Q. : La Paix viendra-t-elle graduellement ?
– M. : Oui. « Apaise le mental petit à petit » (sanaih sanair uparamet), dit la Bhagavad-gîtâ [VI.25].
(Ramana Maharshi 289, 30-11-1936).
L’humain déteste l’insaisissable, le mystère ; il se rassure, il numérise et limite le monde avec ses machines ; il veut ”sécuriser” le monde, rendre la Nature ”propre”, il est même assisté, conforté, par ses machines utilitaires dites ”intelligence artificielle”. En Verbum opinionesque il appelle ça ”debunking” : de la langue du commerce to debunk : déboulonner, démentir ou détruire les fausses nouvelles donc discréditer, démystifier, démythifier. Cette propagande religieuse du debunking de la religion républicaine dans son monde des infos-informatique marche à vitesse croissante. L’anti-ceci, l’anti-cela est la limitation du monde pour le formater selon les opinions des têtes d’œufs qui digèrent (dirigent) le monde.
Notes.
1. « Gate gate pâragate pârasamgate bodhi svâhâ » du Soûtra du Diamant (Allé, allé, allé au-delà, allé complètement au-delà, l’Éveil, ainsi). S’accompagne nécessairement de la Connaissance transcendante par le Principe du ”N’EST PAS X” : revient à dire que les choses ne sont que des désignations, des pointages sur les choses, de simples imputations nominales (en tibétain : tha-snyad), elles sont dépourvues d’être en et par soi, ELLES NE SONT PAS POSSÉDABLES PAR LE MENTAL.
2. [5] Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, [6]lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, [7] mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, [8] il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. [9] C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, [10] afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, [11] et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.
a. La partie essentielle du Secret de la Fleur d’Or explique : « ”La lumière jaillit dans la chambre vide”. Cette lumière n’est pas lumineuse mais, explique-ton, il s’agit d’une preuve d’efficacité au début, avant qu’on n’ait vue la lumière. Si vous la voyez sous forme de lumière et que vous fixez votre attention là-dessus, vous tomberez dans la conscience conceptualisante [la raison] qui N’EST PAS la Lumière de l’Essence [la Conscience Individuelle Infinie].
Quand le mental forme une pensée, cette pensée est le mental, dans l’Instant. Ce mental est Lumière, il est remède. Lorsqu’on regarde les objets et qu’on les perçoit spontanément tous ensemble, sans discrimination, c’est la Lumière de l’Essence, pareille à un miroir qui reflète tout, sans intention de le faire [sans calcul, sans concept].
Mais il suffit d’un Instant de discrimination [et donc de saisie] pour que cela devienne la lumière de la conscience [les Bulles-Sucres [effet dominos], ou attacher un instant à un autre instant]. Lorsqu’une image occupe l’espace du miroir, il n’y a plus réflexion [d’autres images]. Lorsque la conscience occupe l’espace de la lumière, quelle lumière reste-t-il ? ». (Le Secret de la Fleur d’Or, trad. Thomas Cleary).
Comme l’exprime le Secret de la Fleur d’Or, si on « pense » on chute dans la raison ou conscience relativiste, et comme l’exprime Ramana Maharshi cité dans Padamalai : « Aucune investigation ne peut porter sur le Soi [Atman]. L’investigation [”Qui suis-je ?”] ne peut porter que sur ce qui n’est pas le Soi. Seule l’élimination du non Soi est possible. Étant constamment évident de Lui-même, le Soi resplendira seul de Lui-même ». IL S’APPARENTE AU SPONTANÉ cité en début de page.
Retourner la Lumière [ou Réaliser le Soi] consiste à correctement retourner la Lumière Primordiale qu’on ne peut attribuer à rien, de telle sorte que n’intervienne aucune pensée consciente [le scribe de la page souligne].
[…]
Retourner la lumière sans tomber dans la conscience [la raison], c’est faire usage de l’ESSENCE ORIGINELLE des sens.
Retourner la lumière en tombant dans la conscience [la raison], c’est user de la nature de la conscience inhérente aux sens. Là se trouve la différence, aussi fine qu’un cheveu.
Quand la méditation s’accompagne d’un effort, c’est la lumière de la conscience qui se fait jour. Lâcher prise pour que jaillisse la lumière de l’essence. Un cheveu de différence vaut autant qu’un bon millier de kilomètres : aussi faut-il faire preuve de discernement.
Tant que la conscience ne s’arrête pas [donc tant qu’il y a idéation ou vagabondage des pensées], le mental n’est pas vivant(b). Tant que le mental n’est pas vidé, l’élixir ne se cristallise [Christ] pas.
b. L’acte de cognition ou de raison TUE LA PERCEPTION VIVANTE. L’intellect opère seulement sur ce qui est déjà passé. Le SPONTANÉ arrive vivant, saisit par la raison, le Spontané meurt, car la raison des ’lumières’ ne se nourrit que de substances mortes : LES INFORMATIONS, LES SIGNAUX, que cette raison va MÉMORISER : METTRE À MORT (Met I à mort).
