Perce-pective, a-percevoir, re-présentation, spectre-spectacle

Perce-pective, a-percevoir, re-présentation, spectre-spectacle.
Comme pour le temps, il faut une personne ou une conscience pour le voir et ainsi pour le fabriquer. Ce qui est une définition du mot GRATUITÉ, AMOUR : comme l’exprime indirectement mais directement en profondeur Savinien de Cyrano de Bergerac :

« Ayant serieusement medité sur la nature du mouvement, il me semble que tout ce que nous pouvons en dire pour expliquer la connoissance que nous en avons, consiste à dire qu’il est le passage d’un corps du voisinage de certains estres dans le voisinage d’autres estres [le scribe de la page souligne]. Et en cela je m’éloigne un peu du sentiment du vulgaire [le conventionnel] qui le définit le passage d’un corps d’un lieu en un autre [aussi définition de la fausse télépathie et mise en valeur du temps] ; car il conçoit tous les corps logez dans une étendue ou espace de laquelle ils diferent réellement ; de sorte qu’attribuant des parties à cette étendue, il conçoit le corps mobile appliqué successivement au lieu dont il est contenu. Cette pensée serait raisonnable, si ce qu’il supose est vray : mais comme nous avons rejetté cette prétendue extension, parce qu’elle est la matiere mesme, nous sommes obligez de considérer cette mobilité à l’égard des parties de la matiere, & non pas de ce lieu imaginaire qui n’a point de parties, puisqu’il n’a pas d’extension. Se mouvoir donc, c’est se détacher de certaines parties d’un corps, pour s’appliquer à d’autres : & parce que tout détachement est réciproque, c’est-à-dire qu’un corps ne se sçauroit détacher d’un autre, que cet autre ne se détache en mesme temps de luy ; il s’ensuit que l’on ne sçauroit concevoir qu’un corps se meuve au respect d’un autre, que cet autre ne se meuve au respect de celuy-cy ; & par consequent si je fais une pirouette dans le Monde à l’entour de mon propre centre, ou bien si je demeure sans bouger dans le mesme lieu (ce qui est encore la mesme chose) il s’ensuit à cause que les parties du Monde qui m’environnent se détachent de certaines parties de la surface de mon corps pour s’appliquer à d’autres ; il s’ensuit, dis-je, la mesme chose, si je me suis meu dans le Monde autour de mon centre, que si toutes les parties du Monde se sont meuës à l’entour de moy. Vous ne sçauriez donc prononcer que l’un se meuve plutost que l’autre, si ce n’est sous certaines considerations, dont la meilleure que vous puissiez avoir, c’est d’attribuer le mouvement au corps, dans lequel est la cause du détachement, & le repos de l’autre. C’est pourquoy lorsque dans le Monde quelqu’un fera une pirouette, vous direz que c’est cet Homme là qui se meut & non pas le monde, parce que c’est luy qui est la cause du détachement : Nonobstant cette règle, toutefois pour discerner le corps mobile d’avec l’immobile, si un homme dans un bateau estoit emporté au courant de l’onde & de l’air, encore qu’il ne se détache pas des parties du corps voisin qui l’environne, ou si un autre dans un fleuve fait autant d’effort pour monter contre le fil de l’eau, comme le fleuve en employe à l’entraisner vers le bas …. »
(Savinien de Cyrano de Bergerac, Le fragment de physique, chapitre V, Du mouvement et du repos)

La FAUSSE TÉLÉPATHIE fonctionne de cerveau à cerveau et donc dans la mise en valeur du temps.
La VRAIE TÉLÉPATHIE se trouve dans L’ESSENCE : ce qui existe de toute éternité à l’état latent, et qu’on a appris à connaître au fur et à mesure de l’évolution de notre cerveau. Ce qui n’a pas l’Essence ne peut produire l’Essence. « L’essence qui voit est la seule chose qu’on ne puisse attribuer à rien » dit Le Secret de la Fleur d’Or. « Mais, lorsqu’on voit le voir, si ce voir n’est pas le voir, l’essence qui voit est alors aussi attribuable à quelque chose. Cela renvoie à l’essence qui voit, telle qu’elle s’exerce dans la continuité répétitive de la conscience habituelle – ce que les Écritures bouddhiques évoquent en ces termes : « Faire usage de la conscience habituelle et répétitive [la raison], c’est faire erreur ». L’AVERTISSEMENT TRADITIONNEL : « NE POINT ATTACHER UN INSTANT QUI PASSE À UN AUTRE INSTANT ».

Le mot « Essence » peut se définir à travers l’entretien 363 du 20-2-1937 de Ramana Maharshi, le guide : « Par « guides spirituels », nous entendons ceux qui sont « spirituels » [entre guillemets parce que ce mot est un fourre-tout] par opposition à ceux qui sont « matériels ». L’Esprit est illimité et sans forme. Il en est de même du centre spirituel. Il n’y a qu’un seul centre de cette sorte. Que ce soit en Occident ou en Orient, il ne peut être différent ; ni être localisé d’aucune manière. Étant illimité, il inclut les guides, les hommes, le monde, les forces de destruction et de construction. Il n’y a pas de distinction. Vous parlez d’établir des contacts parce que vous pensez que les guides spirituels sont des êtres incarnés. Mais les hommes spirituels ne sont pas des corps ; ils n’ont pas conscience de leur corps. Ils ne sont qu’esprit, sans limite et sans forme. Ils sont toujours en unité entre eux et avec tous les autres ; bien plus, ils englobent tout.
L’Esprit est le Soi. Si le Soi est réalisé, ces questions ne peuvent pas s’élever ».

Orphée était Maître en Vraie Télépathie, parce que selon lui, la Nuit étant Première Substance, pour cette raison, elle est dite nourrice de Tout. La nuit on se repose le cerveau, afin de le préparer à accueillir les songes. La Nuit, fécondée par le Vent.
La nuit porte conseils, elle précède l’aube céleste : les Rêves, les Mystères.
TRIADE :
NUIT
EAU
LUNE
(11 lettres, comme le Nombre 11 du TAO)
La Nuit Première Substance, l’Eau Primordiale, le Noun, Vibration nourrice de Tout.
Un témoignage d’Orphée dit qu’aux Temps Anciens, l’humanité se portait sur tout ce qui « n’a pas vie » et s’abstenait au contraire de tout ce qui a vie (les fameuses apparences, les illusions, les phénomènes comme le bleu du ciel(2)).
D’après ORPHÉE : « Un est le Tout ». Et comment aboutirai-je à faire que l’Univers soit un et chaque chose en même temps séparée ?
Embrasse toute chose dans le Cercle de l’Éther indicible, qu’au milieu de ce Cercle, Tout soit placé, le Ciel, la Terre sans bornes, la Mer.
Et toutes les Constellations qui font au Ciel une couronne (un Point dans un Cercle).
Quand tu auras étendu sur tous les êtres un lien puissant, un lien qui a suspendu à l’Éther une chaîne d’Or.
L’Origine est l’opposé de l’Aboutissement, entre les deux c’est l’INSTANT.
Pour FIXER son FEU intérieur ou Base, comme Parménide (philosophe Grec considéré comme le père de l’ontologie), il est bon d’admettre la permanence de la substance primordiale. Tout se réduit à une essence unique, éternelle, immobile. (UN est le TOUT). Mais TOUT en perpétuel changement, (FIXE en perpétuel changement). Le TOUT,
qui est infini, ne peut être immobile qu’a un INSTANT donné.
Chercher la Source pour nourrir l’avenir ; le fil rouge viendra ensuite.Comme la circulation de la sève de la racine à la feuille, et retour de la sève élaborée par le LIBER.

En effet, AMOUR, GRATUIT = aucune perce-pective et donc aucune mise en valeur du temps = aucun transport d’information ou d’opinion, les médias n’existent pas, les informations n’existent pas ; l’information pourtant existe QU’IL Y AIT OU NON « QUELQU’UN » pour s’en servir. L’INFORMATION EST DONC GRATUITE ou AMOUR : du A privatif et mort : privé de mort, le « ÊTES VOUS NÉ » de Ramana Maharshi 17 du 24-1-1935 : « Êtes-vous né actuellement ? Pourquoi pensez-vous à d’autres naissances ? Le fait est qu’il n’y a ni naissance ni mort. Laissez donc celui qui croit être né penser à la mort et à ses palliatifs ». Et à Ramana Maharshi 20 du 30-1-1935 : « Réfléchissez à ce qui doit être perdu. Y a-t-il quelque chose à perdre ? Ce qui importe vraiment, c’est seulement ce qui est naturel. Car c’est éternel et ne peut faire l’objet d’une expérience. Ce qui est né doit mourir. Ce qui est acquis doit être perdu. Êtes-vous né ? Vous existez depuis toujours. Le Soi ne peut jamais être perdu.

Et c’est le GRATUIT, L’AMOUR, car la mise en valeur du temps est annulée, RIEN N’EST TRANSPORTÉ comme le caricature les séries et films de science-fiction où des humains sont « télé-transportés » sans qu’ils bougent d’un millimètre, car l’information N’EST PAS UN OBJET, UNE MATIÈRE, elle est en ”COMME SI”, en ”POUR AINSI DIRE”, jusqu’à ce qu’une conscience l’A-perce-voir SORTANT DU SAINT CHAOS(1).

Depuis l’invention de la perce-pective à l’époque de Piero della Francesca, LA SAISIE de quoi que ce soit n’a jamais été aussi augmentée et la géométrie mentale bouleversée.

La CHOSE POSSÉDÉE : la loi de succion est cette attraction universelle pour la chose possédée, et peu importe quoi : IL FAUT SEULEMENT POUR-VOIR, c’est-à-dire HALLUCINER, STUPÉFIER, SPECTRE-SPECTACLE ce qui engendre L’HALLUCINATION PLANÉTAIRE DE l’économie mondiale de la marchandise, y compris des drogues ; ce n’est pas l’argent qui compte, MAIS LE POUR-VOIR ou POUVOIR QU’IL AUTORISE DANS LA DUALITÉ VENDEUR-CLIENT OU SUJET-OBJET. Le goût du Pour-Voir ne veut pas de la Réalité du bénéfice réel, il fonctionne sur L’HISTOIRE, sur LA MISE EN VALEUR DU TEMPS : LE REPLI SYSTÉMATIQUE DES VALEURS RÉELLES POUR NE VOIR ET SAISIR QUE LES VALEURS IRRÉELLES

Sur Terre, pour voir, il faut bouger et CHANGER DE PERSPECTIVE (ou d’angle) : CHANGER D’APPARENCES, de SPECTRES……
Sur Terre, pour voir, il faut des HISTOIRES, des OBSTRUCTIONS, des ACCIDENTS, du TEMPS ou des INFOS, il faut donc ”SORTIR” de l’Univers ”COMME SI” on allait le VOIR, ”COMME SI” on avait besoin d’un œil pour ça.
OR TOUT EST DANS TOUT : UNIVERS DANS MENTAL DONC UNIVERS AUSSI DANS ŒIL….
« SORTIR » de l’Univers est déjà l’invention de la PERSPECTIVE amorcée comme par non-hasard en Europe à l’époque de la Renaissance, de la Réforme, de Galilée et des Conquistadors espagnols et portugais ; perspective particulièrement inventive chez le peintre italien Piero della Francesca.

L’UNIVERS, C’EST NOUS, LE TOUT, NOUS Y SOMMES INTÉGRÉS, ET ÇA S’APPELLE AMOUR, GRATUIT : car il n’y a d’Amour véritable ou de VIVANT que dans l’A-Mort : privation de Mort. Dans le TOUT il y a COÏNCIDENTIA OPPOSITORUM : mariage des contraires ou fusion du sujet dans la pure CON-templation : faire UN avec le Temple, par-delà les mots et la grammaire en échappant ainsi aux coagulations en boule des perceptions du sensible attachées au corps-mental : les opinions.
Dans le TOUT il n’y a obstruction à rien : pas besoin de VOUS-loir VOIR : l’espace-temps n’existe pas, la distance entre le sujet et l’objet ou l’information-identification n’existe pas.

Le « Êtes-vous né », ou « Êtes-vous le corps », de Ramana Maharshi peut aussi exprimer LA NON-LOCALITÉ DU RÉEL : LE CENTRE EST NULLE PART, mais sans Lui il n’y aurait pas de Circonférence(s) partout.

Sommes-Nous dans un univers de volume, ou de surface ??
En tous cas, dans le social républicain il n’y a que des surfaces, des ”couvertures sociales”. La profondeur, le volume, n’est jamais social, et les élections au suffrage truc ne sont encore que des surfaces en quantité qui ne prouve rien. Fortune, emploi, médailles et diplômes, civilité et savoir-faire, etc., en fonction duquel nous opinionons conventionnellement les consommateurs est ce qui Nous renseigne le moins sur la VRAIE VALEUR DE CET UNIVERS CONSTRUIT PAR L’HUMAIN.

QUE DES SURFACES, la perspective n’est qu’une géométrie mentale particulière liée à la mode du moment(3). Chaque perception sensorielle est en elle-même DANS LE TOUT, DANS L’INSTANT, SPONTANÉE ET IMPERSONNELLE. Elle est DANS le BLANC DE L’INSTANT, CELUI QUI EST INCONNAISSABLE À JAMAIS. Hélas, à l’état de veille, aussitôt que Nous reconnaissons l’objet, le monde, comme perçu, la Perce-pective, l’ego ou la raison a pris la place du Blanc de l’Instant qui en devient le temps qui coule, qui en devient LA CONSTRUCTION MENTALE, la flèche du temps. Car le mental opère seulement sur ce qui est déjà passé. Le monde arrive vivant, saisit par le mental à l’état de veille il ne peut plus vivre, car la raison, le mental ne se nourrit que de substance morte, CUITE AU FEU VULGAIRE.
L’ACTE DE RAISON MASSACRE LA PERCEPTION VIVANTE, L’ÉVEIL N’EST PAS PRÉSENT.

Le « Êtes-vous né » de Ramana Maharshi = Information-Identification-Perce-voir.

« N’êtes-vous pas le Soi ? Pourquoi vous soucier du reste ? Prenez l’essentiel et rejetez les autres théories savantes comme étant inutiles. Ceux qui pensent que la disparition physique est importante pour la liberté se trompent. Rien de tel n’est nécessaire. Vous n’êtes pas le corps ; alors qu’est-ce que cela peut faire qu’il disparaisse d’une façon ou d’une autre ? Il n’y a pas grand mérite à de tels phénomènes [d’invisibilité corporelle].
En quoi consiste la supériorité ou l’infériorité ? Seul compte l’accomplissement du Réel. La perte du ‘je’ est importante, et non la perte du corps. Le véritable esclavage, c’est l’identification du Soi avec le corps. Abandonnez cette fausse notion et percevez intuitivement le Réel. C’est la seule chose qui importe. Si vous faites fondre un bijou avant de vous être assuré qu’il était en or, qu’importe la façon dont il est fondu, en totalité ou en partie, ou quelle était sa forme. Tout ce qui vous intéresse est de savoir s’il est en or ». (Ramana Maharshi 32, 4-2-1935).

« SORTIR DE L’UNIVERS » est l’actuel ”Vivre ensemble” républicain et consommateur : chacun pour soi, malgré L’INSANITÉ du ”Vous et vos proches” (quand on en a) et autre commercial ”prenez soin de vous” fausse compassion et autre couverture sociale faisant croire à la Communion des Saints ou du Soi, ou de l’Amour(c), mais qui n’est que la couverture sociale appelée CONSENSUS (dont les élections au suffrage truc font la partie). CONSENSUS = modèle de mise en valeur du temps de cerveau à cerveau et de local à local, ou D’OBJET À OBJET, et du fait de sa logique ou de son ”bon sens” apparent, il ne pouvait que produire un VERROUILLAGE MENTAL D’AMPLEUR PLANÉTAIRE EMPÊCHANT TOUTE REMISE EN CAUSE. LE CONSENSUS EST LA PIRE COAGULATION DE L’HUMAIN. Il faut des centaines et centaines de générations pour le démolir.

Notes.
1. SAINT CHIMÈRE ou SAINT CHAOS EN NOIR DU GOUFFRE SANS FOND parce que dépassant À JAMAIS la raison humaine, telle le MARIAGE ou la COÏNCIDENTIA OPPOSITORUM DE PSYCHOGENÈSE ET COSMOGONIE, puisque l’Humain est LUI-MÊME L’UNIVERS, il lui faudrait pouvoir en ”sortir” pour l’étudier, alors que c’est spatilo-temporellement impossible.

Le Saint Chaos naturellement Créateur
et donc ANTI-UTILITARISTE puisque la banalité même est le SPONTANÉ, et quoi de plus INUTILE que le SPONTANÉ (aucune mise en valeur possible). Voilà pourquoi la Vraie Nature tel le SPONTANÉ ne peut qu’être vécue dans son absolu que DANS UN ÉTAT DE SINGULARITÉ PAR DÉFINITION ANTI-SOCIALE, NON-IDENTIFIABLE.

Saint Chaos à ne pas confondre avec la mode actuelle du « Ordo ab Chaos » de la judéo-maçonnerie spéculative londonienne de 1717 (a).

Le Saint Chaos ou Âge d’Or, le Grand Temps ou Temps sacré sans espace-temps ; cet ÂGE d’OR JAMAIS MORT, LE GRAND PAN N’EST PAS MORT, que nombre d’humains éprouvent dans ce que le conventionnel appelle ”FOLIE” : les expériences pathologiques de schizophrénie, etc., et par les expériences de drogues hallucinogènes : LSD, mescaline, ayahuasca, iboga, nous montrent à l’évidence l’existence de l’ÂGE D’OR ou SAINT CHAOS, AVANT, l’arrivée des organisatueurs, des arrangeurs, des faiseurs et créateurs de besoins en tous genres, bref, des COM-merçants, des SPÉCIALISTES.

Ainsi donc, Clarté et Tranquillité sont l’état suprême de la Vertu ;
Souplesse et Douceur sont l’assise sacrée du TAO.
La Sérénité et la Vacuité d’un cœur content et joyeux
Permettent l’usage naturel des Dix mille êtres.
Docilement, en défère à l’incitation,
Révérencieusement, on retourne à la racine,
Ainsi s’immerge-t-on dans le Sans forme [le Saint Chaos].

Évoquer le Sans forme, c’est évoquer l’UN.
L’UN s’appelle ce qui est sans égal sous le Ciel.
Éminent, il se dresse indépendant, massivement solitaire.
En haut, il communique avec les Neuf cieux,
En bas, il relie les Neuf étendues terrestres.
Cercle qui échappe au compas [le Centre est nulle part mais la Circonférence est partout],
Carré qui échappe à l’équerre [chère aux Judéo-maçons spéculatifs],
Ce grand mélange fait l’UN.

C’est une frondaison étagée sans racine,
Embrassant, enserrant le Ciel/Terre.
Tenant pour le TAO les barrières et les portes,
Majesté inaccessible, retirée dans l’impénétrable,
Vertu toute pure, demeurant solitaire,
Répandant ses dons sans se lasser,
On y puise sans l’épuiser [énergie ”libre” ou ”Zéro indien”].

Ainsi donc, on le cherche des yeux sans en voir la forme,
On prête l’oreille sans en entendre le son,
On le suit à la trace sans atteindre personne.
Puisque du Sans forme procèdent les êtres ayant forme [les noms-les-formes],
De Sans son se font entendre les Cinq notes,
Du Sans saveur se forment les Cinq saveurs,
Du Sans couleur se constituent les Cinq couleurs.
Ainsi ceux qui ont des formes
Sont-ils produits par ce qui n’en a pas [le Centre est nulle part mais la Circonférence est partout]
Et la plénitude sort-elle du vide.

Le monde sous le Ciel nous apparaît comme un enclos
Où noms et réalités vivent en commun,
On n’y compte que Cinq notes, pas davantage,
Mais leurs variations défient l’audition.
On n’y combine que Cinq saveurs, pas davantage,
Mais leurs préparation défient le goût.
On y compte Cinq couleurs, pas davantage,
Mais leurs variations défient le vision.
Bien plus, pour les notes : une fois le gong [le Centrum Centri] établi
Les Cinq notes sont formées.
Pour les saveurs : une fois le Doux établi,
Les Cinq saveurs sont composées.
Pour les Couleurs : une fois le Blanc établi,
Les Cinq couleurs sont constituées.
Et pour le TAO ; une fois l’UN établi,
Ce sont les Dix mille êtres qui sont produits.

Qui connaît [à la fois] l’action du ciel et le comportement des hommes, peut alors agir dans le monde. Qui connaît le ciel et pas les hommes, ne peut frayer avec le monde. Qui connaît les hommes et pas le ciel ne peut s’ébattre dans le TAO.
[…]
Ainsi, [malgré] la rectitude du propos et la perfection des sentiments, on est détruit par [ce qui est] fort et violent ; au service des êtres, le Yin et le Yang vous dévorent. Tout cela [consiste à] se charger d’affaires, à se plaire, à s’harmoniser [avec elles] et à rire de ce qui est salutaire. Un homme qui a le TAO change à l’extérieur et ne change pas à l’intérieur ; en changeant à l’extérieur, il se mêle aux hommes ; en ne changeant pas à l’intérieur, il garde son intégrité [son Soi(1)]. Ainsi, il a une conduite sûre à l’intérieur, mais à l’extérieur peut se courber ou se redresser, avoir en superflu ou être en manque, se lover ou s’étendre et changer avec les êtres. Aussi, même élevé très haut, il ne tombe pas. Ce qui fait le prix du Saint, c’est sa capacité à se métamorphoser comme un Dragon. Si, énergiquement, on conserve une seule règle, ne suit qu’une- seul mode de comportement, il ne sera pas facile de vous faire disparaître, même en vous réduisant en miettes.
Ceci, c’est être attentif aux petites choses et s’appuyer sur le Grand TAO.
[…] Ainsi, par son comportement dans les petites choses, le Saint peut s’appliquer aux grandes ; par son attention à ce qui lui est proches, il peut s’attacher aux lointaines [toujours les CROISEMENTS].
(Les grands traités du Huainan zi, traduction : Claude Larre, Élisabeth Rochat de la Vallée, Isabelle Robinet)

Les grands traités du Huainan zi furent élaborés dans la petite cour de lettrés du Prince Liu An, autour du milieu du 2ème siècle avant J.-C., avec une édition définitive un peu plus tard.

2. ”Vous n’êtes pas le corps”, répétait souvent Ramana Maharshi dans ses entretiens entre 1935-1939.
NON-SAISIE = NON RECOURS AUX BÉQUILLES : NE PAS S’ÉTABLIR POUR Y PRENDRE APPUI, DANS LE CIEL DU CIEL DES CHOSES QUI NE REPRÉSENTE AUCUN LIEU PARTICULIER : ABSOLU DÉTACHEMENT DES VALEURS TERRESTRES, conformément au principe du Yoga Vasistha : « L’apparence de ce monde est une confusion ; de même que le bleu du ciel est une illusion d’optique. Mieux vaut ne pas s’y intéresser et l’ignorer » (Yoga Vasistha, YV I, 3). Ce qui ne dépend pas d’un choix, mais de la PARTICIPATION SPONTANÉE de l’Être, son ’EST’ (et non par calcul, par choix, par utilitarisme de volonté, par projection ou mise en valeur du temps). Dans un Trou il n’y a rien d’autre que le Trou, donc pas de Trou à voir.
NE PAS A-DORER LE SOLEIL, DONC L’OR (métal) issu du feu vulgaire, s’il est fondu en monnaie(b).

3. ÊTRE À LA MODE C’EST FAIRE COMME TOUT LE MONDE, DONC C’EST ÊTRE DANS LA BANALITÉ, DANS LE CONFORMISME OU LE CONVENTIONNEL RÉVOLUTIONNAIRE (surtout en France depuis son 1789 et sa mode de la Concorde si pratique pour le commerce) : suivre la mode qui par définition se doit d’être toujours nouvelle, c’est à la fois vouloir se distinguer des autres, vivre une SINGULARITÉ en se distinguant du Dehors, tout en étant remarqué par le Dehors, tout en agissant de la même façon qu’un grand nombre, puisque « être à la mode » c’est faire comme tout le monde, faire dans le conventionnel, faire dans le républicanisme.

a. Ce qui peut amener à une définition du mal, ou chaos humain, donné clairement par Jean Coulonval dans son livre : Synthèse et Temps Nouveaux (lettre à Aimé Michel, du 14 juillet 1971, où Coulonval parle de sa vision naturelle qui l’a éveillé) :
« J’essayais de couler dans les mots le « sens » qui était dans la vision [de Coulonval]. J’écrivais, debout, sur une commode (je n’avais ni table, ni chaise). J’entendis à vingt centimètres de mon oreille gauche une voix criarde, affreuse, qui chantait des sourates (c’était dans une mansarde d’un petit hôtel de Constantine). Alors, moi qui m’étais jamais posé la question de l’existence ou de la non-existence de Satan, j’eus une réaction immédiate. Je dis : « Fous le camp ! ». Et la voix se tut. Je sortis dans les couloirs. Dans une chambre, au fond, une voix psalmodiait des prières en arabe. La voix était douce et belle. Pourtant, elle s’était comme déplacée tout près de mon oreille gauche avec une tonalité tout à fait différente. Mystères des interférences entre le visible, le sensible physique et l’invisible ! Celui qui n’en a jamais eu l’expérience vécue ne peut y croire. Et pourtant, celui à qui il a été donné de les vivre sait d’expérience que les choses de l’invisible sont tout aussi concrètes que celles du visible, bien que d’un ordre différent ».

b. « Et il n’y a pas lieu de m’accuser de jalousie, puisque j’écris d’une plume audacieuse, dans un style inhabituel, en l’honneur de Dieu, pour l’utilité de mon prochain et pour condamner le monde et les richesses ; car déjà l’Artiste Elie est né, et l’on dit des merveilles de la Cité de Dieu. J’ose même assurer que je possède plus de richesses que n’en dispose tout l’univers connu ; mais les embûches des méchants ne me permettent pas de m’en servir.

C’est avec raison que je méprise et déteste cette idolâtrie de l’or et de l’argent, avec lesquelles tout s’apprécie, et qui ne servent qu’à la pompe et la vanité du monde. Quelle infamie, quelle vaine pensée vous pousse à croire que si je cache mes secrets, c’est par jalousie ? Vous-vous trompez : j’avoue être profondément attristé d’être un vagabond errant par toute la terre, comme si le Seigneur me chasserait de sa vue. ». (Entrée ouverte au palais fermé du roi, chapitre 14, paragraphes 28 et 29, de l’Adepte Eyrénée Philalèthe).

c. Et c’est largement amplifié avec les « réseaux sociaux », LE SOCIAL DU CLAVIER-ÉCRAN ET DU DIVIDU-DIVISÉ fabriqué par les machines des industries du capitalisme.

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