Toute la vulgarité, l’obscénité du monde actuel réside non dans les choses et leur mention en ”N’EST PAS X”, donc leur mention crue, mais seulement PAR LE MENTAL ou le sentiment qu’on en a et qu’on propage par l’OPINION, la SAISIE. Ce monde actuel est un parfait MONOTHÉISME UNILATÉRAL RÉPUBLICAIN, PROCHAINE TYRANNIE COMPLÈTE.
La mention en ”N’EST PAS X” indique que le champ est ouvert et sans limite, et la formule entière revient à dire que les choses ne sont que des pointages, des évidences sur les choses, elles sont dépourvues d’être en et par soi.
L’opinion se nourrit uniquement de choses de la Racine du Mal : la dualité du Dedans et du Dehors, qui engendre la saisie, comme la dualité du manque et du reste.
« Comment arrêter cette saisie ? En recourant à l’introuvable, car dans l’introuvable il n’y a pas de saisie. Qu’est-ce que l’introuvable ? La fin du dualisme. Qu’est-ce que le dualisme ? La vision d’un dedans et d’un dehors, lesquels sont introuvables ». (Soûtra de la Liberté inconcevable, chapitre V, 14)
Dans cette vulgarité et obscénité du monde dans le Dedans et le Dehors, se situe la peur, cette pensée duelle contenant le Dehors : la peur de ce que l’autre, le Dehors, peut faire, dire, penser, tous des opinions qui engendrent la saisie et donc la peur provoqué par ce Dehors : « Les ennuis ne surgissent que lorsqu’il y a un autre que soi-même. Lorsqu’on réalise que l’âtman [le Soi et soi] est unique, il n’existe plus de second, et il n’y a donc plus de raisons d’avoir peur ». (Ramana Maharshi 58, 4-7-1935).
Les ennuis ne surgissent que par le démon de l’identification, cette SAISIE SUPÉRIEURE qui tente D’IDENTIFIER ce qui est Réel, lequel Réel étant précisément ce qui, pour être sans copie (Il n’est pas un ‘moi’ à côté d’autres ‘toi’), demeure réfractaire à toute entreprise d’identification.
La mention en ”N’EST PAS X” indique que le champ est ouvert et sans limite, et la formule entière revient à dire que les choses ne sont que des pointages, des évidences sur les choses, elles sont dépourvues d’être en et par soi. Or L’ÉVIDENCE (lumière) est la SIMPLICITÉ, ce qui est le plus difficile quand le mental s’en mêle. On survis dans la perception habituelle de la mise en valeur du temps : la demande du temps et de la distance. Mais rien n’est si « rapide » que l’Instant, le Ici et Maintenant, lequel surgit si vite, sans l’Instant, qu’il réclame aussitôt pour être perçu, comme une TRAME, un TIRER SON ÉPINGLE DU JEU (‘je’). Et rien n’est non plus si proche : l’Instant est la proximité même, comme le démontre un des exemples du Collier de la Femme par Ramana Maharshi :
- « Une femme portait un collier autour du cou. Ne s’en souvenant plus, elle se
mit à le chercher, questionnant son entourage. Une de ses amies, se rendant compte de ce qu’elle cherchait, lui désigna le collier autour de son cou. La femme le toucha de ses mains et fut aussitôt rassurée. Avait-elle récupéré le collier ? Là encore, l’ignorance causa la douleur et la connaissance, le bonheur.
Il en va de même en ce qui concerne l’homme et le Soi. Il n’y a rien de nouveau à gagner.
L’ignorance du Soi est responsable de la souffrance présente ; la connaissance du Soi apporte le bonheur.
De plus, si quelque chose de nouveau doit être obtenu, cela implique que c’était absent auparavant. Ce qui a été une fois absent peut disparaître encore. Ainsi, le salut ne serait pas permanent. Mais le salut est permanent parce que le Soi est ici et maintenant, et éternel.
Les efforts de l’homme sont donc dirigés vers la disparition de l’ignorance. La Sagesse semble survenir, alors qu’elle est naturelle et toujours présente ».
(Ramana Maharshi, entretien 63 du 6-7-1935).
Il y a alors à rappeler ce qu’il se passe dans ce monde de l’après Voie de l’Agriculture et même de l’après découverte du feu vulgaire :
DEUX FORCES S’OPPOSENT :
– L’actuelle force de la mise en valeur du temps suite au CROC-POMME raconté dans l’Ancien Testament et le concept de SALUT, dont le principe est cette mise en valeur du temps : ce salut ne doit jamais arriver, ou la CAROTTE (attachée à distance de la tête de l’âne pour le faire avancer) ne doit jamais être mangée, sinon le moteur est cassé. Donc la lumière attribuée à l’autre doit rester le privilège de l’autre, comme l’attente supposée de la visite d’un extraterrestre qui viendrait « sauver » l’humanité. Principe de la racine du mal où est nécessaire un DEHORS par rapport à un DEDANS, avec nécessairement un TEMPS entre les deux, même si ce temps est en milliardième de milliard!ème de seconde.
Cet « a-venir », du a privatif et venir, du messie ou du salut, peut opinioner en tout confort une fin du monde genre réchauffisme climatique qui demeure sans dommage sur le cours du monde, une extinction inéluctable de toutes choses qui ne compromet DANS L’INSTANT aucune chose en particulier.
Comme souvent écrit, le sale, les excréments, Dieu, sont cachés : NON IDENTIFIABLE, INSAISISSABLE.
Identité = deux choses hétérogènes (différentes), deux façons différentes et contradictoires d’être identique (comme A = A).
Identité tombe dans la dualité sujet-objet, is-dem selon l’origine latine, soit « celui-ci même » (icelui, icil, icestes, iceux : ceux-là). Mais « identique » est de la dualité, le idem en latin, soit le même que celui-ci (ou icelui), sens exactement contraire à celui dont il prétend comme un TRAIN prendre le relais, puisque substituant l’idée d’égalité à celle de spécificité inégalable, L’IDÉE DE REPRODUCTION OU D’EGO À CELLE DE LA SINGULARITÉ OU SOI. Ne pas oublier que l’informatique actuelle devient le Graal de l’identité avec son BINAIRE DE ZÉROS ET DE UNS qui se veut numériser le monde !…
Un insurmontable paradoxe attaché au concept d’identité, de saisie, pour désigner à la fois deux qualités dont l’une contredit l’autre, à l’exemple de Ramana Maharshi : « Le ‘Je’ rejette l’illusion du ‘je’ et cependant demeure en tant que ‘Je’. Tel est le paradoxe de la réalisation du Soi. Ceux qui sont déjà réalisés n’y voient aucune contradiction ». (Ramana Maharshi 28, 4-2-1935)
Le même, et l’autre, relèvent de deux Thèmes de natures différentes : le même appartient au Réel : Je-suis, le second à l’irréel. Bref, l’ambiguïté du même en tant que Réel se trouve dans l’IMPOSSIBILITÉ où se trouve sa SINGULARITÉ, SON CENTRUM CENTRI, D’APPARAÎTRE EN TANT QUE TEL, sauf à passer par l’imagination d’une copie qui laisse deviner, a contrario, cette Singularité.
L’identité du Réel ne se donne pas DANS L’INSTANT, mais seulement PAR LE MENTAL, invitant en quelque sort au RÊVE.
Le Judaïsme s’accorde parfaitement avec cette première Force, rêve et état de veille. De ce fait il est très puissant. Or CE QUI EST RÉEL DOIT TOUJOURS EXISTER, CE QUI APPARAÎT NOUVELLEMENT, À L’ÉTAT DE VEILLE, DOIT AUSSI RETOURNER AU DODO : IL N’EST PAS PERMANENT (on ne fait pas des affaires en sommeil profond !).
– La Seconde FORCE NE PEUT QU’ÊTRE PERMANENTE, ELLE ne peut qu’être celle des EAUX PRIMORDIALES, comparable au SOMMEIL PROFOND : « dans la sushupti (état de sommeil profond), il n’y a plus d’identification avec le corps et donc pas de perceptions ; de même, dans l’état transcendantal, l’identité avec le brahman [le Soi, l’Être Suprême] met l’homme en harmonie avec toutes choses, et il n’y a rien qui soit séparé du Soi ». (Ramana Maharshi 2, 15-5-1935).
Dans l’entretien 3 : « Dans le sommeil profond, l’homme ne possède rien, pas même son propre corps. Et au lieu d’être malheureux il est parfaitement heureux. Chacun désire dormir profondément. La conclusion en est que le bonheur est inhérent à l’homme et n’est pas dû à des causes extérieures. Pour ouvrir les réserves du bonheur parfait, il faut réaliser le Soi ».
« Le Soi est toujours présent, rien n’existe en dehors de lui. Soyez le Soi, et désirs et doutes disparaîtront. Ce Soi est le témoin dans les états de sommeil profond, de rêve et de veille. Ces trois états appartiennent à l’ego. Le Soi transcende même l’ego.
N’existiez-vous pas durant le sommeil profond ? Saviez-vous alors que vous dormiez et que vous étiez inconscient du monde ? Ce n’est qu’en état de veille que vous décrivez cette expérience de sommeil comme étant inconscience ; pourtant votre conscience quand vous dormez est la même que lorsque vous êtes éveillée. Si vous savez ce qu’est cette conscience de veille, vous connaîtrez la conscience qui se tient comme témoin dans les trois états. Cette conscience peut être trouvée en cherchant la conscience telle qu’elle était durant le sommeil profond ». (Ramana Maharshi 13a, 7-1-1935).
Dans le même entretien 13a il est dit qu’en examinant la source des pensées elles disparaîtront et seul le Soi demeurera. « En fait, pour le Soi il n’y a ni intérieur ni extérieur. De plus, ce sont des projections de l’ego. Le Soi est pur et absolu [le scribe de la page souligne] ».
– Q. : Combien de temps le Maharshi a-t-il mis pour réaliser le Soi ?
– M. : Vous posez cette question parce que vous percevez un nom et une forme [la fameuse IDENTIFICATION]. Ces perceptions proviennent de l’identification de l’ego avec le corps physique. Lorsque l’ego s’identifie avec le corps subtil, comme dans le rêve, les perceptions sont également subtiles. Mais dans le sommeil profond, il n’y a aucune perception. Peut-on dire pour autant que l’ego ne s’y trouve pas ? Pour avoir conservé le souvenir d’avoir dormi, il faut bien que l’ego ait existé. Qui est-ce qui a dormi ? Vous ne vous êtes pas dit durant votre sommeil que vous dormiez. Vous le dites maintenant, une fois réveillé.
L’ego est donc le même durant l’état de veille, de rêve et de sommeil profond. Trouvez la Réalité sous-jacente à ces trois états. C’est là la véritable Réalité. Dans cet état, il n’y a plus que ÊTRE, il n’y a plus « toi », ni « moi », ni « lui » ; plus de présent, ni de passé ni de futur. Cet état est au-delà du temps et de l’espace, au-delà de toute expression.
Il est toujours là.
De même que le bananier est un arbre dont les racines produisent de nouvelles pousses avant qu’il ne donne ses fruits et meure, et que ces mêmes pousses, une fois transplantées, recommencent le même cycle, ainsi le maître originel et primordial de toute antiquité (Dakshinâmûrti (1)), celui qui a dissipé les doutes de ses disciples-rishi par son Silence, a laissé après lui des « pousses » qui continuent à se multiplier. Le guru est une « pousse » de ce Dakshināmûrti. La question ne se pose plus lorsque le Soi est réalisé.
(Ramana Maharshi 17, 24-1-1935).
- « Dans le sommeil profond, rien n’est perçu ; ce n’est qu’après le réveil que tout apparaît.
Quand les pensées surgissent, le monde vient à l’existence ; que peut-il être d’autre, à part une pensée ? » (Ramana Maharshi 322, 7-1-1937).
Ainsi toute la vulgarité, l’obscénité du monde actuel réside non dans les choses et leur mention en ”N’EST PAS X”, donc leur mention crue, mais seulement PAR LE MENTAL ou le sentiment qu’on en a et qu’on propage par l’OPINION, la SAISIE.
Note.
1. Dakshinâmûrti : une des manifestations de Shiva qui, assis sous un arbre, enseigne par le silence les quatre fils du Dieu Brahmâ (note de bas de page 55 des Enseignements de Ramana Maharshi)



